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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 07:00

 

 

 

 

 

Un joli marque-page japonais envoyé par SOLEDAD

 

 

 

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    Merci Soledad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mp japonaise 7

 

 

 

 

 

                                            Le vêtement de lumière


 

 

Il était une fois un pauvre pêcheur nommé Hakyu Ryu, qui prenait fort peu de poissons et subsistait à grand-peine. Il vivait seul, n'étant pas assez fortuné pour prendre femme, dans une misérable cabane, située près d'un belle forêt de pins, au pied du mont Fuji-Yama, dont le sommet est recouvert de neiges éternelles. Devant sa porte, s'étendait une longue plage de sable blanc, et il contemplait jusqu'à l'horizon le bleu éclatant de l'océan pacifique. Hakyu appréciait le paysage enchanteur, et il rêvait souvent. Cela l'aidait à vivre.

 

Un matin de printemps, il traversait la forêt de pins losqu'il aperçut accroché à une branche un vêtement magnifique; il était fait de plumes légères argentées et dorées, l'étoffe semblait tissée de lumière, et Hakyu en fut comme étourdi. Tenté, il hésita, jeta un coup d'oeil alentour. Il était seul. Il prit le vêtement, le porta dans sa cabane, et le dissimula sous un tas de bois. Le soir, sur son tatami, avant de glisser au sommeil, il calcula les bénéfices que lui procurerait son larcin.

 

-"J'irai demain au marché, je vendrai ce vêtement à un bon prix, j'achèterai des filets neufs et solides, peut-être une barque, je ferai ainsi de belles pêches, je deviendrai un homme riche, alors je prendrai femme..."

Sur ces visions merveilleuses, il s'endormit. Pendant la nuit, il fit un rêve. Une très belle jeune fille lui apparut :

 

-"Je suis un ange, dit-elle, je viens des cieux pour visiter le monde. Mais vous avez pris mon vêtement, et je ne puis retourner au ciel sans ma robe. Je vous en supplie, rendez-la moi !"

 

Hakyu l'interrompit :

 

-"Je ne comprends rien à vos paroles, je ne vous ai pas dérobé votre robe, que je n'ai jamais vue ! Mais puisque vous êtes dans ma maison à cette heure de la nuit, venez donc partager ma couche."

 

Et saisi d'un brusque désir, il l'enlaça et voulut l'embrasser. C'est alors qu'il se réveilla. Ce rêve lui laissa un goût amer dans la bouche, et il eut honte.

 

-"Comment, se dit-il, je vole un vêtement magnifique, je mens à la jeune fille à qui il appartient, et je veux la contraindre à partager ma couche."

 

Il se souvint d'un vieux maître zen dont il avait suivi les enseignements dans sa jeunesse :

 

-"Il n'y aura ni paix, ni bonheur pour toi si tu ne pratiques la justice, si tu t'écartes de la vérité, si tu n'éprouves pas de compassion."

Hakyu décida alors de rechercher partout la jeune fille, et de n'avoir de repos qu'il ne lui ait restitué son vêtement de lumière.

 

Le lendemain, de très bonne heure, il se rendit sur la plage, scruta l'horizon, en vain. Il s'approcha du bois de pins, et là, sous un arbre, il aperçut la jeune fille de son rêve qui pleurait. Il lui rendit son vêtement. Elle le remercia avec beaucoup de joie et d'effusions. Quand elle revêtit sa robe de lumière, elle se transforma et devint un ange qui s'éleva doucement dans les cieux en dansant avec une grâce inouïe. Le théâtre Nô représente souvent cette danse de l'ange. C'est un spectacle extraordinaire, l'un des plus beaux que l'on puisse imaginer.

 

Hakyu le vit le premier, et il tomba en extase. Il rentra dans sa cabane. Les jours suivants, il prit autant de poissons que ses filets pouvaient en contenir. Il se maria, il eut de nombreux enfants, et tous vécurent heureux longtemps, longtemps.

 

 

 

Henri Brunel (les plus beaux contes zen)

 

 

 

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 17:00

 

 

 

 

 

FABIENNE m'envoie régulièrement des marque-pages, dont ces deux marque-pages de Chine. Je profite du nouvel an chinois pour les publier.

 

 

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Merci Fabienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'année chinoise du dragon d'eau se termine pour laisser la place à celle du serpent d'eau, à partir du 10 février 2013.

 

 

gif serpent

 

 

             Légende Drung de la séparation de la terre et du ciel

 

 

La minorité Drung raconte la légende selon laquelle la terre et le ciel étaient autrefois enlacés. Par une gigantesque échelle de bois, on pouvait ainsi monter au ciel ou descendre sur terre.

 

Un jour, deux frères, nommés Peng et Ting, se mirent à gravir l'échelle gigantesque pour chercher dans le ciel de l'or et de l'argent. Arrivés en haut de l'échelle, ils rencontrèrent une fourmi géante qui leur demanda de lui donner leurs anneaux. Les deux frères refusèrent de donner leurs précieux anneaux à cette étrange créature et franchirent les derniers barreaux de l'échelle pour atteindre le ciel.

 

Une fois les deux frères ayant atteint le ciel, la fourmi grignota le dernier barreau de l'échelle, séparant à jamais le ciel et la terre. Les hommes ne purent plus monter au ciel et Peng et Ting ne purent redescendre.

 

Très affligé, Peng se changea en éclair tandis que Ting se changea en esprit malfaisant qui terrorisa les hommes.


 

 

Légende chinoise : www.chine-informations.com/nouvelanchinois/

 

 

 

 

 

 

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 07:00

 

 

 

 

J'ai trouvé en vente dans ma librairie ce petit carnet composé de six marque-pages, d'après des illustrations de Corinne Demuynck. J'avais déjà publié ce style de carnet ICI avec des matriochkas

 

 

 

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                                           L'hirondelle

 

 

Il était une fois, dans un petit village du Japon, une méchante vieille femme qui s'appelait Yoko. Un jour, pour réparer sa cruche, elle prépare de la colle dans une cuvette et elle la met à refroidir dehors.

Chez Kasu et Keiko, les voisins de la méchante Yoko, il y a une hirondelle apprivoisée qui passe son temps à siffloter et à voleter autour des deux maisons. L'hirondelle voit la cuvette pleine d'une pâte blanche; elle se pose sur le bord en se demandant si c'est bon à manger. La méchante Yoko arrive en criant. L'hirondelle veut s'envoler, mais ses pattes restent collées malgré tous ses efforts.

La méchante Yoko attrape l'hirondelle en disant :

 

-"Affreux oiseau ! Attends, je vais te couper la langue, tu ne pourras plus chanter, ni siffler, et tu ne m'embêteras plus !"

 

Mais, pendant que la méchante Yoko essaie de trouver des ciseaux au fond de sa poche, l'hirondelle arrive à se dégager en perdant quelques plumes noires. Elle s'envole, affolée, très très loin, pour ne plus jamais revenir.

 

Quand les voisins de la méchante Yoko apprennent ce qui s'est passé, ils sont très malheureux. Ils disent :

 

-"Notre hirondelle, nous l'avons soignée, toute petite, quand elle était tombée du nid. Elle nous remerciait en chantant, elle mettait tant de gaieté dans notre pauvre maison, et nous l'aimions tant ! Allons la chercher !"

 

Kasu et Keiko se mettent en route à travers les montagnes, à travers les plaines, à travers les lacs et les fleuves.

 

Partout, ils demandent :

 

-"Avez-vous vu passer une hirondelle qui a perdu quelques plumes noires ?"

 

Mais personne n'a rien vu, personne n'a rien remarqué. Ils marchent depuis des jours et des jours quand une petite hirondelle se met à voler devant eux, comme pour leur montrer le chemin. Kasu et Keiko crient en même temps :

 

-"C'est elle ! C'est notre hirondelle !"

 

L'hirondelle est très heureuse de voir que ses vieux maîtres ont fait tant de route pour la retrouver.

 

Un peu plus tard, quand Kasu et Keiko décident de repartir, l'hirondelle apporte deux paniers d'osier, un grand et un petit. Elle dit à Kasu et Keiko :

 

-"Choisissez ! Préférez-vous un panier lourd ou un panier léger ?"

 

Ils répondent :

 

-"Nous ne sommes plus jeunes, donne-nous le plus léger, il sera plus facile à porter."

 

L'hirondelle leur donne un panier, et ils repartent pour leur village. En arrivant chez eux, ils ouvrent le panier. Il est plein d'or, d'argent, de bijoux et de rouleaux de soie pour faire des kimonos.

 

Et plus Kasu et keiko vident le panier, plus il se remplit.

 

Quand la méchante Yoko entend parler de cette merveille, elle est bien sûr très jalouse. Elle demande à ses voisins où habite l'hirondelle et quel chemin il faut prendre. Elle dit :

 

-"Moi aussi, j'irai là-bas, et je reviendrai aussi riche que vous."

 

Elle se met en route immédiatement. Elle marche des jours et des jours à travers les montagnes et les plaines, à travers les lacs et les fleuves, avant d'arriver auprès de l'hirondelle.

 

L'hirondelle lui demande aussi :

 

-"Préfères-tu un panier lourd ou un panier léger ?"

 

La méchante Yoko pense :

 

-"S'il est lourd, mon panier contiendra encore plus d'or, d'argent, de bijoux et de soie que celui de mes voisins."

 

Elle répond :

 

-"Je prend le plus lourd."

Elle repart pour son village avec le panier sur le dos. Il est lourd comme de la pierre et très fatigant à porter, mais elle arrive tout de même chez elle. Alors, elle soulève le couvercle...

 

Horreur ! Des serpents se dressent en sifflant, et ils tendent la tête vers elle.

 

Alors la méchante Yoko s'enfuit loin, si loin que personne ne l'a jamais revue!

 

 

Conte populaire japonais, traduit et adapté par Bernadette Garreta-Tenger

 

 

 

 

gif japon 7

 

 




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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 06:00

 

 

 

 

J'avais programmé pour aujourd'hui un marque-page parmi les nombreux que m'avait déjà expédié CHARMILLE.

 

Et voilà qu'hier, j'ai trouvé un paquet dans ma boîte aux lettres, toujours de Charmille. Quelle ne fut ma surprise et ma joie de trouver à l'intérieur à nouveau plein de beaux marque-pages et plein de piluliers aussi jolis les uns que les autres !


Charmille, tu es vraiment très gentille, ton attention me touche beaucoup ! Voyez plutôt :


 

cadeaux charmille

Ils étaient accompagnés d'une carte avec un grand sourire

 

 

carte charmille sourire

 

 

 

 

                                                    

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mille fois Charmille !

 

 

 

 

 

 

Je vais comme d'habitude chercher un texte pour accompagner tous ces présents, c'est pourquoi il faudra attendre un peu pour les voir dans mes articles.

 

Voici donc le très beau marque-page de Charmille qui était prévu pour ce jour.

 

 

 

 

mp inde offrande gange couchant

                                            Offrande au Gange  Getty images

 

 

 

Et comme je possédais un autre marque-page du Gange du même type, je le joins à cet article

 

 

mp inde offrande au gange

                                                    Editions de la Martinière

 

 

 

                                               La descente du Gange

 

Chaque année, au mois de janvier, quand le soleil entre dans le Capricorne, plus de cent mille pélerins se rendent sur l'île de Sagar, près de Calcutta, pour célébrer en se baignant dans les eaux la rencontre du Gange avec la mer. Le Gange est une rivière céleste, autant dire qu'il a fallu toute la patience et l'habileté des Dieux pour qu'elle daigne descendre sur terre.

 

C'est ce que nous raconte la légende :

 

Le roi Sagar, dirigeant de la dynastie Ikshvaku, était malheureux, car il n'avait pas de fils. Il pria les Dieux pour avoir un fils pendant de nombreuses années et ses voeux furent exaucés.

Une de ses femmes donna naissance à un fils et la seconde accoucha d'une calebasse. En voyant la calebasse, le roi donna l'ordre de la jeter. Mais les Dieux s'interposèrent et lui dirent de prendre grand soin des graines du fruit, car mille fils forts naîtraient d'elles. Sagar fit comme on lui dit.

 

Bientôt, ses fils vinrent au monde et grandirent pour devenir des jeunes hommes. Un jour, alors que le roi célébrait l'Ashwamedh Yagya (la prière rituelle durant laquelle on lâche un cheval en liberté, et n'importe quel territoire qu'il couvre devient la propriété du roi exécutant le rituel. S'il y a une quelconque résistance, alors les armées du roi s'en chargent.), le cheval qui fut lâché disparut quand il eut atteint l'océan.

 

Les fils, qui avaient accompagné le cheval, le cherchèrent partout. Ils commencèrent à creuser le fond de l'océan et atteignirent la demeure de Vishnu. Vishnu avait endossé le personnage de Rishi Kapil, et à côté de lui, le cheval perdu broutait paisiblement.

 

Les fils de Sagar étaient fâchés et insultèrent le Rishi en le traitant de voleur. Les yeux du Rishi rougeoyèrent de colère. Au moment même où il regarda les fils de Sagar, tous furent transformés en cendres. Une voix céleste déclara alors que leurs cendres devraient attendre leurs propres cérémonies jusqu'à ce qu'un de leurs descendants, Bhagirath, réussisse à amener Ganga, la rivière céleste, sur la terre.

 

Pendant ce temps, le roi attendait le retour de ses fils, et envoya alors son petit-fils, Anshuman, à la recherche de ses oncles.

Anshuman atteignit l'endroit où vivait le Rishi Kapil. Il présenta ses respects au Rishi avec beaucoup d'humilité et lui demanda de lui donner le cheval. Le Rishi, flatté par Anshuman, lui accorda le cheval ainsi qu'une faveur. Anshuman demanda donc que ses oncles soient pardonnés. Le saint lui assura que son petit-fils Bhagirath amènerait la rivière Ganga sur la terre et les cendres de ses oncles seraient ainsi purifiées et leurs âmes libérées.

 

Anshuman gouverna pendant de nombreuses années et eut un fils, Dileep, et tous deux essayèrent de trouver la manière d'amener Ganga sur la terre. Quand Bhagirath, le fils de Dileep, apprit le sort de ses ancêtres, il quitta le royaume et partit à la recherche de Ganga. Il alla dans l'Himalaya et pria les Dieux pendant des milliers d'années. Ganga lui apparut et consentit à l'accompagner sur terre.


Ganga savait que si elle tombait du ciel, sa force détruirait le monde. Elle suggéra que Bhagirath demande à Shiva de la contenir dans ses cheveux pendant sa chute. Bhagirath alla au Mont kailash sur l'Himalaya et pria Shiva de retenir Ganga.


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                                                                Shiva

 

 Ainsi Ganga descendit avec toute sa force sur la terre et Shiva la retint dans ses grandes boucles. Elle passa des années errant dans les boucles de Shiva et descendit ensuite sur la terre.

 

Elle alla avec Bhagirath vers les cendres de ses ancêtres et à l'instant où l'eau toucha les cendres, tous les fils de Sagar furent rachetés. De là, elle continua de couler et atteignit l'océan qu'elle remplit de son eau.

 

 

Contes pour enfants du monde


 


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                                                             Ganga

 

 


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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 06:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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illustrations Myriam Fantini                                                                                         

 

 

 

 

                                        La tsampa


 

A base d'orge grillée, la tsampa est le plat traditionnel des Tibétains. L'orge réduite en farine, mêlée parfois de blé ou de pois, est détrempée, pétrie dans un thé beurré et salé.

 

Il était une fois de pauvres gens dont la masure côtoyait la belle demeure d'un riche propriétaire. Cette année-là, l'hiver était rude. Agabunda ne parvenait plus à nourrir les siens.

Le voisin recelait dans ses greniers des montagnes d'orge. Lui demander l'aumône, implorer sa pitié ? Démarches vaines. Le voisin ne donnait qu'à ceux qui pouvaient lui rendre. Il n'accorderait rien à un misérable. Alors, un soir, Agabunda, désespéré, eut une idée. Il alluma un grand feu dans sa cour, un feu somptueux, qui brillait dans la nuit.

 

Le riche voisin, intrigué, s'approcha :

 

-"Hum ! Agabunda, veuille me pardonner si je suis indiscret, mais que fais-tu brûler ainsi ?"

 

-"Oh, répondit négligemment l'interpellé, un cousin qui rentrait aujourd"hui de la capitale m'apprend qu'en raison de l'hiver rigoureux, la tsampa atteint en ce moment des prix incroyables. Je fais cuire quelques kilos d'orge, et j'irai les vendre à Lhassa !"

 

Le riche propriétaire revint chez lui tout songeur. Il décida de griller une belle quantité d'orge, et de profiter lui aussi de l'aubaine.

 

Quelques jours plus tard, Agabunda et son voisin prenaient la route de la capitale. Ils avaient résolu de voyager ensemble. S'ils étaient attaqués en chemin, se disait le riche propriétaire, Agabunda, placé en tête du convoi, recevrait les premiers coups. Sur son âne, Agabunda avait disposé trois sacs emplis à ras bord de feuilles mortes. Le yack du riche propriétaire portait sur son dos trois gros sacs gonflés de bonne farine d'orge grillée.

 

En chemin, la nuit tomba. Ils dormirent dans un petit temple abandonné. L'endroit était misérable. Il ne restait dans un coin qu'une statue en bois de Bouddha, dont le nez était rongé par l'humidité.

 

Un peu avant l'aube, Agabunda se leva sans bruit. Il sortit les feuilles mortes de ses sacs et les donna à manger à son âne. Ensuite, il remplit ses sacs avec l'orge grillée de son compagnon. Enfin, il déposa les sacs vides de celui-ci sur les bras du Bouddha, en prenant soin de lui barbouiller la bouche et le visage de bonne farine.

 

Le matin, quand il s'éveilla, le riche propriétaire constata le désastre. Il poussa des cris abominables.

-"Au voleur ! Au voleur ! Ma bonne tsampa !"

 

Imperturbable, Agabunda montra du doigt le Bouddha, la bouche encore barbouillée d'orge grillée.

 

-"Shakyamuni, l'éveillé, devait avoir très fin, dit-il avec conviction, pendant la nuit, il a dévoré toute votre tsampa. Il s'en est fallu d'un cheveu qu'il ne s'attaque à la mienne ! Mais je ne veux pas vous laisser ainsi, partageons !"

 

Il donna un sac et la moitié d'un autre au riche propriétaire, qui accepta avec un sourire contraint et ne parla plus tout le reste du chemin.

 

 

"Que le riche prenne garde, dit le sage, s'il refuse de donner un peu de tsampa à son voisin, Bouddha la lui dérobera et la mangera."

 

 

Conte tibétain  (Les plus beaux contes zen de Henri Brunel)


 

 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 19:30

 

 

 

 

                                                            Piments (Inde)

 

      Ashvin Gatha                                                                                     Nicholas Pitt

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                                                                 épices

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                     La jeune reine n'aimait pas le roi...


 

Dans ce petit royaume du nord de l'Inde, la tristesse recouvrait bêtes et gens, paysans, courtisans, de son voile noir. La reine n'aimait pas le roi. Pourquoi ? Ah ! Comment expliquer ces choses ? Le destin contraire...un rien peut-être, un oeil trop pâle ou trop noir, un geste, que sais-je ? La reine n'aimait pas le roi.

 

Un jour, le fils de l'intendant de la cour, un jeune homme de belle prestance, rencontra la reine vêtue de ses habits de cérémonie. Il fut ébloui. Il aima la reine. Elle l'aima en retour. Que faire ? Le jeune homme dépérissait, se rongeait d'amour. La reine se consumait, pleurait en secret. Le roi faisait peine à voir. Il fallait trancher.

Le souverain, qui était juste et bon, fit venir le fils de l'intendant :

 

-"Senaka," dit-il, "je sais ta droiture et ta fidélité, et ton amour. Voici ma proposition. Je te prête la reine pendant sept jours. Aime-la, et rends-la moi guérie et heureuse, dans une semaine exactement !"

 

Senaka et la reine partirent dans un lieu discret, où ils s'aimèrent pendant sept jours, selon l'ordre royal. Mais leur passion, bien loin de s'éteindre, s'enflamma, s'exalta jusqu'à la folie. Le huitième jour, ils s'enfuirent.

 

Le roi, cruellement trahi, devint le plus malheureux des hommes. Tantôt il était résolu à déclarer la guerre au royaume voisin, et à récupérer les amants rebelles par la force, tantôt il parlait de mourir. Il souffrait de si atroce façon que le sang lui coulait des entrailles.

Il demanda conseil au bodhisattva qui vivait à la cour (être qui renonce momentanément au nirvana pour aider ceux qui souffrent. Il accepte de rester parmi les hommes par compassion)

 

-"Ô sage, tu connais mon malheur, que dois-je faire ?"

 

Le bodhisattva réfléchit plusieurs jours et parla ainsi :

 

-"Ô grand roi, s'il se trouvait parmi tes sujets un homme capable d'avaler un sabre finement aiguisé, lui accorderais-tu une récompense extraordinaire ?"

 

-"Sans doute," fit le roi.

 

-"Ô grand roi, s'il se trouvait dans tout le royaume un homme capable d'avaler un sabre finement aiguisé, lui accorderais-tu même le coeur de la reine ?"

 

-"Si un tel homme existait, il serait protégé par les dieux, et je lui accorderais même le coeur de la reine."

 

-"Ferais-tu ce don précieux sans colère, sans amertume, sans regret ?"

 

-"Oui, certainement," dit le roi.

 

-"Alors s'il existait un homme," fit le bodhisattva, "qui n'avalait pas en son entier un sabre finement aiguisé, mais qui accomplissait un exploit encore plus incroyable : émouvoir le coeur de la reine ?"

 

-"Si un tel homme existait," fit le roi, "capable de se faire aimer de la reine, que je connus toujours froide et insensible, je la lui accorderais!"

 

-"Eh bien," dit le bodhisattva, "le fils de ton intendant a réalisé cet exploit inconcevable !"

 

Le roi médita ces paroles. Il accepta sans colère, sans amertume, sans regret, de donner le coeur de la reine. Aussitôt le sang cessa de couler de ses entrailles. Il connut la paix intérieure. Il avait atteint "l'autre rive".


 

 

Conte d'origine indienne (les plus beaux contes zen d'Henri Brunel)


 

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:00

 

 

 

 

 

Un marque-page très original, en forme de sabre, que m'a envoyé BENISSA

 

mp sabre

 

mp sabre verso

                                 verso

 

 

 

 

 

                            x_3c16a229                              

 

 

 

                       A telle âme, telle arme


 

"Le sabre est l'âme du samouraï", nous dit l'une des plus vieilles maximes du bushido, la voie du guerrier.

 

Symbole de virilité, de loyauté et de courage, le sabre est l'arme favorite du samouraï. Mais dans la tradition japonaise, le sabre est plus qu'un symbole philosophique, C'est une arme magique. Il peut être maléfique ou bénéfique selon la personnalité du forgeron et du propriétaire. Le sabre est comme le prolongement de ceux qui le manient, il s'imprègne mystérieusement des vibrations qui émanent de leur être.

Selon la vision de l'antique religion shinto, la fabrication d'un sabre est une véritable alchimie où l'harmonie intérieure du forgeron est plus importante que ses capacités techniques.

 

Avant de forger une lame, le maître armurier passait plusieurs jours en méditations variées, puis il se purifiait en procédant à des ablutions d'eau froide. Revêtant des vêtements blancs, il se mettait alors au travail, dans les meilleures conditions intérieures pour donner naissance à une arme de qualité.

 

 

 

gif samourai

 

Masamune et Murasama étaient d'habiles armuriers forgerons qui vivaient au début du XIVème siècle. Tous les deux forgeaient des sabres d'une très grande qualité.

 

Murasama, au caractère violent, était un personnage taciturne et inquiétant. Il avait la sinistre réputation de forger des lames redoutables qui poussaient leurs propriétaires à de sanglants combats ou qui, parfois, blessaient leur porteur. Ces armes eurent très vite la réputation d'être assoiffées de sang et furent tenues pour maléfiques.

 

Par contre, Masamune était un forgeron d'une très grande sérénité qui se livrait à un rituel de purification systématiquement pour forger ses lames. Elles étaient considérées comme les meilleures du pays.

 

Un homme, qui voulait tester la différence de qualité entre les modes de fabrications des deux armuriers, plaça un sabre de Murasama dans un cours d'eau. Chaque feuille dérivant à la surface, qui touchait la lame, fut coupée en deux.

Ensuite, un sabre fabriqué par Masamune fut placé dans le cours d'eau. Les feuilles semblaient éviter la lame. Aucune d'elles ne fut coupée, elles glissaient toutes intactes, le long du tranchant comme si celui-ci voulait les épargner.

 

L'homme rendit son verdict : "La Murasama est terrible, la Masamune est humaine !"

 

 

Les contes pour enfants du monde contes.biz

 

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 17:00

 

 

 


FABIENNE, dont j'ai déjà plusieurs fois publié des marque-pages d'Espagne qu'elle m'avait envoyé, m'a adressé récemment ces deux marque-pages chinois. C'est l'occasion de les publier, car l'année chinoise du lapin se termine. L'année du dragon d'eau commence le 23 janvier 2012.

 


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Le nouvel an chinois, établi selon le calendrier lunaire, est la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier. Traditionnellement, les festivités s'étendent sur deux semaines.

 

 

 

mp chine fabienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fête des lanternes clôt le cycle des festivités du nouvel an.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le cerf-volant est reconnu comme ayant vu le jour en chine, et est un des jouets folkloriques les plus typiques de Chine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     Légende du nouvel an chinois

 

 

Au temps où les dragons puissants vivaient sur Terre ou dans les mers et océans, personne en Asie ne fêtait le nouvel an lunaire. Il y avait un village de pêcheurs où c'était même le plus mauvais jour de l'année: un homme avait tué un dragon des mers ! Tous savaient que cette chose terrible et malheureuse ne devait se pratiquer sous aucun prétexte, sinon le fantôme du dragon hanterait le village devenu maudit chaque année à l'aube de ce nouveau jour...


Au petit matin, et ce chaque année depuis le malheureux accident, le fantôme de ce dragon tué apparaissait, secouant sa lourde et hideuse tête à la crinière recouverte d'écailles rugueuses, la langue pendante, tout en hurlant horriblement :

 

-"Je veux manger, j'ai très faim ! Apportez-moi un de vos fils qui vient de naître pour que je le mange ! Vite, très vite ou alors, vous le regretterez fortement car je viendrai détruire vos récoltes, vos granges et votre maudit village !"


  -"Non ! Non ! Il n'est pas question que nous fassions une telle chose ! Nous ne te l'accorderons pas ! répliquèrent les habitants effrayés, les femmes en pleurs. Nous ne te laisserons pas d'enfant à ingurgiter, méchante bête ! Nous te combattrons plutôt afin de sauver notre village."


"-Ah, vous le prenez ainsi ? C'est ce qu'on va voir ! Je vous tuerai un par un jusqu'au dernier, vous y passerez tous puisque vous le prenez sur ce ton !"

 

Le fantôme-dragon emplit tout son estomac et souffla très fort son haleine nauséabonde et bouillante en direction du village et de ses âmes si rebelles. La chaleur était si intense et les fumées si opaques que nul n'y voyait goutte: le "brouillard" s'insinuait de partout alentour et les êtres humains se mettaient à crachoter, à tousser horriblement.

 

 

gif dragon 2


Plusieurs femmes perdirent connaissance tant la peur tordait leurs boyaux, certaines jeunes filles devenaient même hystériques, sans compter les jeunes gens qui se rapetissaient sur place tant leur frayeur s'en trouvait grandie.

Voyant tout ce remue-ménage, l'un des hommes d'un certain âge, l'un des sages de ce bourg de pêche, prit la parole d'une voix chevrotante et dit que ce fantôme-dragon pouvait aisément les tuer tous. Il constata qu'il valait mieux accéder à sa requête afin qu'il ne lui prenne point l'envie de se décider à débuter le carnage prédit. Il décida donc d'intercéder en sa faveur mais vraiment très à contre-coeur, de lui offrir ce qu'il demandait si férocement, soit un petit enfant à peine né pour tenter de sauver le reste de ce si pauvre village. Il pensait faire une bonne action avec cette obole humaine ! Ainsi jamais plus ce dragon-fantôme ne réapparaîtrait, du moins le croyait-il, naïvement..


Seulement, d'année en année, le fantôme-dragon réclamait : chaque année, une famille différente se sacrifiait en donnant son enfant mâle pour plaire à cet animal et à son atroce chantage.


Un jour vint où ce fut au tour cette année-là de la jeune femme Wang, veuve de son état, de se retrouver à sacrifier son seul enfant, un petit garçon de cinq ans, seul bien de son défunt mari, mort en mer un jour de pêche particulièrement tumultueux. Selon la coutume préétablie, deux fois deux jours avant le nouvel an  lunaire, le guide spirituel de philosophie taoiste partait du temple sur la colline qui surplombait le village et sa baie pour venir prendre le "cadeau", et parcourait les rues jusqu'à la maison désignée qui offrait son premier enfant-né.

Tandis qu'il se rendait à son triste travail, vers la crique, là où se situait la masure de la jeune veuve Wang, chacun des villageois se triturait l'esprit pour savoir chez qui il s'arrêterait et avec hésitation, se posait cette question :

 

-"Vers quel logis peut-il bien marcher aujourd'hui ?"

 

Et une réponse outrée surgit tout à coup du regroupement :


-"Il stoppera chez la petite veuve Wang.".

 

Une autre voix féminine surgit de la troupe en colère :


-"Oh non, ce n'est pas humain cela ; pas chez elle ! Elle vient de perdre son mari et c'est son seul enfant ! Il faut faire quelque chose, on ne peut laisser faire ce chantage ignoble..."


Les voisins de la jeune femme Wang s'étaient réunis autour de sa misérable demeure, pensant entendre des pleurs, des larmes, des paroles de douleur quand elle apprendrait le verdict final et sans appel. Rien. Rien ne filtrait de sa pauvre maison de pêcheur. Quand l'envoyé fut reparti, ses voisins immédiats se précipitèrent pour faire le constat de la désolation de la malheureuse victime. Ils la virent assise dans sa cuisine, triste mais aucunement le visage ravagée par les larmes.

 

-"Le messager des rites et coutumes vous a dit la mauvaise nouvelle pour vous de cette année qui va s'annoncer ?"


- "Oui bien entendu, il m'a délivré son acte en bonne et dûe forme," répond alors cette courageuse veuve, calmement et toute en douceur.

 

Les autres ne comprennent décidément pas son détachement.
 

- "Mais, mais... Pourquoi, oui pourquoi ne vous lamentez-vous pas alors? Cela serait normal, non ?"


- "Parce que le temps m'est compté et que je ne puis le passer à pleurer, leur répond Wang. Je réfléchis vivement à la manière de berner ce vilain fantôme-dragon. Car une chose est sûre : il n'aura pas mon cher fils."


Les jours et nuits précédant l'évènement, elle tenta de rassembler ses idées, scrutant le sol et échafaudant un bon plan. Par instants, elle regardait son fils s'amusant tranquillement dans la cour ; dans d'autres, elle se rendait pour prier aux pieds de l'autel de ses aïeuls ainsi qu'aux dieux protecteurs des femmes, des familles, des morts, des enfants. Son fils s'endormant sereinement, elle se mettait à son côté, le câlinant doucement tout en se disant qu'il ressemblait tant à son père. Elle consulta la guérisseuse, le chamman du village ou sorcier, les prêtres puis ceux de ses voisins et amis. Personne n'avait de véritable solution : le cas était perdu d'avance, quasi désespéré.


Fatiguée, démoralisée, déprimée, la jeune mère épuisée s'effondra sur la terre battue du temple, face à l'autel des ancêtres de sa famille, le petit bien calé contre elle. Elle rêvait... rêvait... Finalement, elle dormit bien : beaucoup de rêves apparaissaient en un ordre indéfini. Elle rêvait de dragons et de fantômes, elle voyait la peur et la douleur, elle imaginait des bébés innocents et la crainte, elle était entourée de sang et de très forts sons... la surprise et la joie : tout tourbillonnait dans son crâne tourmenté.


Plusieurs heures avant l'instant fatal, elle se réveilla et secoua ses cheveux en un geste douloureux : sa tête avait trop rêvé. Tout d'un coup, une idée fusa : le miracle allait poindre, enfin ! Elle savait vraiment ce qu'elle accomplirait : ses images devenaient un puzzle tout à fait clair !


Les bêtes fantasmagoriques de son rêve étaient résolument effrayés par deux choses : le sang et les bruits assourdissants. Quand on a peur, on fuit droit devant. Le plan restait enfantin :

 

-"Le sang posé sur la porte du seuil, je taperai tant que le fantôme du dragon s'en retournera apeuré et s'enfuira à toutes pattes... Pour le sang... étant pauvre, je ne possède pas un seul poulet...''

 

S'armant de courage, madame Wang prit un couteau pointu et fit une estafilade en sa main, faisant tomber les gouttes de son sang sur une étoffe jusqu'à ce qu'ensemble elles épongent le tissu. Elle le déploya alors et l'accrocha à l'extérieur tout autour de sa porte.

Fière de sa trouvaille ingénieuse, elle chercha des ustensiles pour assourdir le monstre sanguinaire... Aucun magasin ne se retrouvait ouvert en ce jour : pas de pétards donc. Elle vit des bambous : une idée fusa. Elle en coupa une dizaine en grands morceaux et les disposa en une pyramide assez haute sur le devant de sa cour juste au-dessous du tissu entaché de sang.

 

-"Ils brûleront et éclateront tous à la fois telle une vraie patarade ! Le feu devra jaillir juste à temps et qu'il éclate à la face du fantôme-dragon."

 

Pour cela, elle confectionna une petite torche et s'assit dans l'ombre de son seuil, guettant l'aube et la venue du dragon.


Se dictant la patience, elle attendit. Tout était monstrueusement calme, si serein que seuls les coups de son coeur s'entendaient. Progressivement la lune et les étoiles disparaîssaient, laissant le ciel vide. Puis d'abord tout doucement, elle écouta un hurlement, celui du fantôme-dragon : il arrivait !

 

-" Dois-je prendre ma torche pour allumer le feu ? Non, il est encore un peu trop loin. Attendons..."


Tout le bourg se trouvait caché dans les lits sous les couvertures élimées, tremblants de tous leurs membres. Aucun des habitants ne se reposait : la jeune veuve Wang affrontait seule le fantôme-dragon. Une unique personne dormait d'un sommeil d'ange : son fils !


Un long cri vint à ses oreilles : il était vers le bas du village. Elle alluma le feu à l'aide de sa torche et enflamma sa pyramide de bambous. Le sol vibrait sous le corps du fantôme-dragon qui marchait vers elle. Il arrivait à sa ruelle, s'approchant lentement... Devant chez elle, il stoppa et regarda le linge ensanglanté, hurlant si violemment que ses os s'entrechoquaient. Le feu de bambou pèta : terrifié par la vue du sang et le feu qui éclatait, il s'enfuit en courant à travers le village !


La veuve Wang s'assit les jambes coupées et des larmes se mirent à couler lentement sur ses joues. Les villageois la rejoignirent alors. Les tambours frappèrent et les cloches sonnèrent : les gongs du temple marquèrent en leurs sons graves le grand jour ; des pétards sortirent des maisons et amusèrent petits et grands qui firent éclater en même temps leur joie !

 

Depuis cet événement marquant, célèbre en toute l'Asie, lors de l'avènement de chaque année, dans tous les villages, même les plus petits, on entoure grâce à des papiers rouges les portes et on fait éclater des pétards le plus bruyamment possible dès l'aube, tout en tapant sur des tambours.

 

Depuis cette époque très reculée, le fantôme-dragon n'est pas revenu. Jamais...

 

Chine-informations.com

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 07:00

 

 

 

 

mp japon geisha

 

 

                                      Histoire de Ryonen

 

Ryonen, dont le nom signifie "claire compréhension", était une jeune fille parée de toutes les grâces. Le teint blanc nacré, les cheveux épais relevés en lourd chignon sur la nuque fragile, les yeux profonds comme un lac, elle était élégante et fine, et son maintien parfait. Issue d'une noble famille de guerriers samouraïs, Ryonen possédait un grand talent de musicienne, elle était également douée pour la peinture et la poésie.

 

L'impératrice la remarqua entre toutes les dames du palais, et l'appela dans son cercle intime. Ryonen était alors âgée de dix-sept années, et cette histoire se passait vers les années 1700, pendant la période d'Edo, sous le shôgunat de Togugawa Yoshimune, dont le sage gouvernement assura au Japon un long cycle de prospérité et de paix.

 

Ryonen ne se contentait pas d'être merveilleusement belle, elle alliait aux qualités de l'esprit celles du coeur, et tous, de la plus noble dame à la moindre servante, l'aimaient.

Aussi la surprise et la consternation furent unanimes quand elle annonça qu'elle désirait se retirer dans un monastère pour étudier le Zen. Sa famille alertée opposa un refus formel. Ryonen plaida sa cause. Un compromis fut négocié. Elle devait d'abord se marier, avoir trois enfants, dont un fils pour assurer la continuité de la lignée. Ensuite, si elle le souhaitait toujours, elle serait libre de se raser la tête et d'aller mendier sa nourriture sur les routes, un bol de riz à la main, ou d'aller cacher sa beauté dans un temple zen.


Ryonen respectait sa famille et ses ancêtres, elle s'inclina. Et la vie reprit son cours paisible. Sa famille rassurée songeait qu'elle avait complètement oublié sa lubie. D'ailleurs, à l'âge de dix-neuf ans, Ryonen épousa au milieu de fastes extraordinaires un grand seigneur. Elle lui donna deux filles, qui promettaient d'être aussi gracieuses que leur mère, et un garçon solide et calme, le petit Oshiba.

 

Or, un matin, Ryonen déclara à sa famille stupéfaite qu'elle devait les quitter pour suivre son destin.Elle souhaitait se retirer dans un temple zen, et servir en qualité de nonne. Ni ses parents, ni son époux, ni ses enfants ne purent la dissuader. Elle s'en alla. A vingt-six ans, Ryonen était toujours dans l'éclat de sa beauté, la maternité l'avait encore embellie. Quand elle se présenta au temple d'Edo, et demanda au maître zen Tetsugyu de l'accepter comme disciple, ce dernier, après l'avoir longuement regardée, lui dit :

 

-"Ryonen, tu es trop belle, tes cheveux trop épais et brillants, tes yeux sont des lacs sombres emplis de sortilèges, tu serais dans notre communauté une occasion de désordre et de troubles. Je ne puis te recevoir."

 

Alors, Ryonen se rasa la tête, se débarrassa de tous ses bijoux, et même d'un bracelet qu'elle avait à la cheville, et qu'elle portait depuis l'enfance, elle revêtit une robe de pauvresse, et se présenta devant le maître zen Hakuo dans un temple inconnu éloigné de la capitale. Le maître la regarda longuement et lui dit :

 

-"Ryonen, je vois bien ta tête rasée, et tes habits misérables, je devine à tes paroles la sagesse de ton coeur, et je pressens tes vertus, mais tu es trop belle, le nacre de tes joues ferait perdre la tête à mes plus jeunes disciples, et même les plus âgés seraient troublés dans leur méditation. Je ne puis te recevoir."

 

Alors Ryonen partit sur les routes, méditant dans son coeur.

 

Un matin, comme elle passait près de l'étal d'un marchand de beignets, elle saisit soudain la poêle brûlante, l'appliqua sur sa joue droite, et la maintint assez longtemps pour s'infliger une monstrueuse blessure.

 

En quelques instants, son exceptionnelle beauté s'évanouit pour toujours.

 

Le zen nous enseigne que nous sommes de ce monde-ci, mais qu'il ne faut pas s'y laisser enfermer, et que tout obstacle doit être levé. Car nous habitons une maison ouverte, dont un "souffle à peine perceptible fait battre les portes de proche en proche à l'infini, jusqu'aux "montagnes lointaines".

 

 

Les plus beaux contes zen  d'Henri Brunel

 

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 06:00

 

 

 

 

Voici un marque-page sur les contes chinois, envoyé par DALINELE


 

mp contes chinois

 

 

                          Comment l'eau de mer est devenue salée


 

Il y a fort longtemps vivaient en Chine deux frères. Wang, l'aîné, était le plus fort et brimait sans cesse son cadet. A la mort de leur père, les choses ne s'arrangèrent pas et la vie devint intenable pour Wang-cadet. Wang-l'aîné accapara tout l'héritage du père : la belle maison, le buffle et tout le bien. Wang-cadet n'eut rien du tout et la misère s'installa bientôt dans sa maison.

 

Un jour, il ne lui resta même plus un seul grain de riz. Il fut donc obligé de se rendre chez son frère pour ne pas mourir de faim. Arrivé sur place, il le salua et lui parla en ces termes :

 

-"Frère aîné, prête-moi un peu de riz."


Mais son frère, qui était très avare, refusa tout net de l'aider et le cadet repartit bredouille.


Ne sachant que faire, Wang-cadet s'en alla pêcher au bord de la mer jaune. La chance n'était pas de son côté, car il ne parvint pas à attraper le plus petit poisson. Il rentrait chez lui les mains vides, la tête basse, le coeur lourd, quand soudain, il aperçut une meule au milieu de la route.

 

"ça pourra toujours servir !" pensa-t-il en ramassant la meule, et il la rapporta à la maison.

Dès qu'elle l'aperçut, sa femme lui demanda :

 

-"As-tu fait bonne pêche ? Rapportes-tu beaucoup de poissons ?"

 

-"Non, femme ! Il n'y a pas de poissons. Je t'ai apporté une meule."

 

-"Wang-cadet, tu sais bien que nous n'avons rien à moudre : il ne reste pas un seul grain à la maison."


Wang-cadet posa la meule par terre, et, de dépit, lui donna un coup de pied. La meule se mit à tourner, à tourner, et à moudre. Et il en sortait du sel, des quantités de sel. Elle tournait de plus en plus vite et il en sortait de plus en plus de sel.

Wang-cadet et sa femme étaient tout contents de cette aubaine, tandis que la meule tournait, tournait, et le tas de sel grandissait, grandissait. Wang-cadet commençait à avoir peur et se demandait comment il pourrait bien arrêter la meule. Il pensait, réfléchissait, calculait, il ne trouvait aucun moyen. Soudain, il eut enfin l'idée de la retouner et elle s'arrêta.


A partir de ce jour, chaque fois qu'il manquait quelque chose dans la maison, Wang-cadet poussait la meule du pied et obtenait du sel qu'il échangeait avec ses voisins contre ce qui lui était nécessaire. Ils vécurent ainsi à l'abri du besoin, lui et sa femme.

 

Mais le frère aîné apprit bien vite comment son cadet avait trouvé le bonheur et il fut assailli par l'envie. Il vint voir son frère et dit :

 

-"Frère-cadet, prête-moi donc ta meule."

 

Le frère cadet aurait préféré garder sa trouvaille pour lui, mais il avait un profond respect pour son frère aîné et il n'osa pas refuser.

Wang-l'aîné était tellement pressé d'emporter la meule que Wang-cadet n'eut pas le temps de lui expliquer comment il fallait faire pour l'arrêter. Lorsqu'il voulut lui parler, ce dernier était déjà loin, emportant l'objet de sa convoitise.

 

Très heureux, le frère aîné rapporta la meule chez lui et la poussa du pied. La meule se mit à tourner et à moudre du sel. Elle moulut sans relâche, de plus en plus vite. Le tas de sel grandissait, grandissait sans cesse. Il atteignit bien vite le toit de la maison. Les murs craquèrent. La maison allait s'écrouler.

Wang-l'aîné prit peur. Il ne savait pas comment arrêter la meule. Il eut alors l'idée de la faire rouler hors de la maison, qui était sur une colline. La meule dévala la pente, roula jusque dans la mer et disparut dans les flots.

 

Depuis ce temps-là, la meule continue à tourner au fond de la mer et à moudre du sel. Personne n'est allé la retourner.

 

Et c'est pour cette raison que l'eau de mer est salée.

 

 

Contes d'Asie : il était une histoire.com

 

 

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Merci pour lui !

 

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