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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 06:00

 

 

 

 

 

LAURE connait mon attirance pour les fées de Cicely Mary Barker.

Elle m'avait envoyé, pour mon anniversaire, ce joli dé de la fée des roses pour ma collection. Il est un peu plus haut que mes autres dés, et la base est joliment découpée.

 

 

 

dé fées des roses 3

 

 

dé fées des roses 4

 

 

 

 

 

 

gif merci 75

 

    

 

 

 

 

    Merci Laure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'en possédais un autre, mais qui ne montrait qu'une partie de la fée des roses, et dont la base est différente, et que je joins à cet article.

 

dé fées des roses 2

 

 

 

 

Les deux se complètent bien, je suis ravie !

 

dé fées des roses 1

 

 

 

 

 

 

                La fée des roses

 

 

Toi, la plus raffinée, la plus belle des fleurs,

Toi dont l'aspect parfait n'a d'égal que l'odeur;

Les mots insuffisants, rose chère à mon coeur,

Ne parviendront jamais à peindre ta beauté,

Tes délicieux boutons qui s'ouvrent en révélant

Des pétales soyeux du plus neigeux des blancs,

Ou du plus doux des roses, ou d'un rouge de sang,

Ton parfum envoûtant. Quelle félicité 

D'être la fée des roses au plus chaud de l'été !

 

 

Cicely Mary Barker


 

 

 

fée des roses

                                                              C.M. Barker

 

 

 

 

 

 


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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 07:00

 

 

 

 

 

 

Le carnaval de Venise a commencé ce week-end, pour aller jusqu'au 12 février. Si vous voulez voir mon marque-page vénitien, et les explications sur ce carnaval, ou encore une vidéo sur les magnifiques costumes du carnaval, c'est ICI.

 

Pour cette année, ce sera sous forme de dé.

 

 

 

dé Venise

 

 

 

 

 

 

Sur le Carnaval de Venise II - Sur les lagunes

 

 

Tra la, tra la, la, la, la laire !

Qui ne connaît pas ce motif ?

A nos mamans, il a su plaire,

Tendre et gai, moqueur et plaintif :

 

L'air du Carnaval de Venise,

Sur les canaux jadis chanté

Et qu'un soupir de folle brise

Dans le ballet a transporté !

 

Il me semble, quand on le joue,gif masque 4

Voir glisser dans son bleu sillon

Une gondole avec sa proue

Faite en manche de violon.

 

Sur une gamme chromatique,

Le sein de perles ruisselant,

La Vénus de l'Adriatique

Sort de l'eau son corps rose et blanc.

Les dômes sur l'azur des ondes,

Suivant la phrase au pur contour,

S'enflent comme des gorges rondes

Que soulève un soupir d'amour.

 

L'esquif aborde et me dépose,

Jetant son amarre au pilier,

Devant une façade rose,

Sur le marbre d'un escalier.

 

Avec ses palais, ses gondoles,

Ses mascarades sur la mer,

Ses doux chagrins, ses gaietés folles,

Tout Venise vit dans cet air.

 

Une frêle corde qui vibre

Refait sur un pizzicato,

Comme autrefois joyeuse et libre,

La ville de Canaletto !

 

 

Théophile Gautier

 


 

 

gif masque 3

 

 

 

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 07:00

 

 

 

 

 

Un dé en porcelaine de mon compositeur préféré, Frédéric Chopin

 

 

dé chopin re

 

 

Frédéric Chopin (1810-1849) est né à Zelazowa Wola, près de Varsovie, en Pologne. Il est le fils du français Nicolas Chopin et de la polonaise Tekla Justyna Krzyzanowska.

 

(Son père était originaire de Lorraine, et en tant que percepteur des enfants de la comtesse Skarbek, il l'a suivie en Pologne en 1787, pays où il se marie avec la dame d'honneur de la comtesse.)

 

Chopin commence très jeune l'étude du piano et a tout de l'enfant prodige. A 7 ans, il a déjà composé deux polonaises et donne son 1er concert à 8 ans.


Tout en poursuivant ses études au lycée de Varsovie, il continue à étudier le piano et à composer. Il entre ensuite au conservatoire de musique de Varsovie, et effectue quelques voyages hors de Pologne, notamment à Vienne.

 

 

gif chopin 1

 

Il quitte définitivement Varsovie en 1830, peu avant l'insurrection polonaise.

Il s'installe ensuite à Paris. Il y donne des cours de piano. Il y devient l'ami de Liszt, Berlioz, Mendelssohn..., est adopté par la haute société parisienne et connait un succès grandissant.

 

 

Chopin a composé des oeuvres majeures pour piano, comme des valses, des mazurkas, des nocturnes, des polonaises, des impromptus, des études... Il apparaît comme un esprit classique dans une âme romantique.

 

Il tombe malade en 1835. En hiver 1837, sa mauvaise santé est aggravée par la grippe, et on remarque sa toux persistante.

 

Sa liaison la plus connue est avec George Sand, de 1838 à 1847.

 

gif george sand

 

Ils mènent ensemble une vie mondaine, nourris d'une admiration réciproque. Ils partagent leur vie entre Paris, Nohant, la magnifique résidence de campagne de George Sand, et Valldemosa, dans l'ile de Majorque pour essayer de soigner la tuberculose de Chopin.

 

Il composera beaucoup d'oeuvres à Nohant.

 

gif chopin 2

 

Sa santé se dégrade considérablement malgré les soins et le dévouement inconditionnel de George Sand. Ils se sépareront en 1847.

 

Chopin meurt de la tuberculose le 17 octobre 1849, à l'âge de 39 ans. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris.

Conformément à ses dernières volontés, sa soeur Ludwika, venue l'assister dans ses dernières semaines, ramena à Varsovie son coeur, qui se trouve actuellement dans un cénotaphe inséré dans un pilier de l'église Sainte Croix.


 

 

gif chopin 3

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 06:00

 

 

 

 

 

Un dé en métal argenté avec une fleur de lys dorée, que j'ai ramené du château de Chambord

 

 

 

dé fleur de lys

 

 

 

 

et aussi un petit pilulier fleur de lys rapporté du château de Blois 

 

pilulier fleur de lys

 

 

 

pilulier fleur de lys 2

                         de côté

 

 

 

Le lys fut utilisé par les souverains carolingiens, puis par leurs successeurs. C'est sous le règne de Louis VII (roi capétien 1120-1180) que l'expression "fleur de lys" apparut  (flor de Loys = fleur du roi Louis), et que les fleurs de lys d'or sur champ d'azur devinrent les armes de France et l'emblème spécifique de la royauté française.

 

 

 

  Chenonceau chambre Diane de Poitiers 4

                                                   Fleurs de lys  à Chenonceau

 

 

 

 

 

                       Le lys


 

Hors du coffret de laque aux clous d'argent, parmi

Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées,

Le riche et lourd collier, qu'agrafent deux camées,

Ruisselle et se répand sur la table à demi.

 

Un oblique rayon l'atteint. L'or a frémi.

L'étincelle s'attache aux perles parsemées,

Et midi darde moins de flèches enflammées

Sur le dos somptueux d'un reptile endormi.

Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues

Eparses où l'onyx a mis ses reflets vagues

Et le froid diamant sa claire goutte d'eau;

 

Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe,

Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau,

Noble et pur, un grand lys se meurt dans une coupe.

 

 

François Coppée ((1842-1908)


 

 

 

Chenonceau chambre des cinq reines 3

                                                 au château de Chenonceau

 

 

 

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 06:00

 

 

 

 

 

Un dé de ma collection représentant un teuz, autre nom donné aux korrigans, de même que farfadet, poulpiquet, koril, lutin...

 

 

dé korrigan

                   D'après une illustration de Nicolaz Le Corre

 

 

 

 

 

 Le farfadet

 

Un farfadet

farceur et velu

escalade

un phare perdu

dans un coin sauvage

de la côte d'Armor

sans effort

...apparent.

Ce farfadet

frêle et farfelu

sitôt parvenu sur la coupole

du phare pointu

 

se met à danser

une farandole

folle, autant

...qu'inattendue.
C'est à ce moment-là

que le phare furieux

d'avoir le crâne chatouillé

par les pieds du lutin

éternue

et s'éteint

...au mépris du règlement.

 

Déséquilibré

n'y voyant plus rien,

le farfadet funambulesque

dégringole

de son perchoir

tout noir

jusque dans la mer

où il se serait noyé

si, en plus d'être un farceur,

il n'avait été aussi

bon nageur.

Mais, comme chacun sait,

tous les farfadets le sont;

C'est ce qui leur permet

d'escalader impunément

chaque jour que fait Dieu

les phares chatouilleux.

 

 

Jean Orizet (La peau bleue des rêves)

 

 

 

 

gif korrigan 5

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 06:00

 

 

 

 

Voici un autre dé en porcelaine de ma collection, accompagné d'un conte breton un peu long, mais l'article restera en place deux jours si vous n'avez pas le temps de tout lire en une fois !

 

 

P7180011

 

 

 

 

                                                           Le sonneur


 

Le vent de mer vient du côté de l'eau noire; et les étoiles se lèvent. Les jeunes filles ont repris le chemin des métairies, portant au doigt les bagues de plomb que leurs amis ont achetées pour elles au pardon; les jeunes gens viennent de traverser la lande en chantant ...

On n'entend plus la voix sonore des jeunes gens; on ne voit plus les habits blancs des jeunes filles; il fait nuit !

 

Et cependant voici que Lao paraît avec une joyeuse troupe, à l'entrée de la bruyère déserte; Lao, le célèbre sonneur, qui est arrivé des montagnes pour mener la danse au pardon de l'Armor. Son visage est aussi rouge qu'une lune de mars; ses cheveux noirs flottent au gré du vent, et il porte sous son bras son biniou dont les sons mettent en branle jusqu'aux vieilles femmes chaussées de sabots.

 

Les voilà arrivés au carrefour de l'Avertissement, là où se dresse une croix de granit toute tachée de mousse; les femmes s'arrêtent et disent :

 

-"Prenons par le sentier qui descend vers la mer."

 

Maître Lao montre, au-dessus de la colline, le clocher de Ploujean et s'écrie :

 

-"C'est là que nous allons, pourquoi ne point traverser la bruyère ?"

 

Les femmes répondent :

 

-"Parce qu'au milieu de la bruyère, Lao, se trouve une ville de korrigans, et que pour passer auprès sans danger, il faut être pur de tout péché."

 

Mais Lao éclata de rire.

-"Par le ciel ! J'ai déjà reçu trente fois l'absolution pour communier à Pâques; j'ai parcouru, de nuit, toutes les routes des pardons, et je n'ai jamais vu vos petits hommes noirs comptant leur argent au clair de lune, comme on le dit à la veillée. Montrez-moi la route qui conduit à la ville des korrigans et j'irai leur chanter les jours de la semaine."

Mais les femmes s'écrièrent toutes :

 

-"Il ne faut point tenter Dieu, Lao ! Dieu a mis dans le monde des choses que l'on doit ignorer et d'autres qu'on doit craindre. Laissez les korrigans danser autour de leurs maisons de granit."

 

-"Danser, répéta Lao, les korrigans ont donc aussi leurs sonneurs ?"

 

-"Ils ont le sifflement du vent dans la bruyère et les chants de l'oiseau de nuit."

 

-"Et bien, dit l'homme des montagnes, je veux qu'aujourd'hui, ils aient une musique de chrétiens. Je traverserai la lande, en jouant mes plus beaux jabadaos de Cornouaille."

 

Parlant ainsi, il prend son biniou, commence à faire entendre de joyeuses cadences et suit hardiment le sentier qui se dessine, comme une ligne blanche, à travers les bruyères sombres. Les femmes, effrayées, se signent, puis descendent la colline.

Cependant, Lao marche devant lui, sans crainte, jouant toujours du biniou. A mesure qu'il avance, son coeur devient plus courageux, son souffle plus fort et le son s'élève plus perçant; il a déjà parcouru la moitié de la lande, il aperçoit devant lui le menhir qui se dresse dans la nuit comme un fantôme, et plus loin, la maison des korrigans.

 

Alors, il lui semble entendre un murmure qui va grandissant. Il ressemble d'abord au gazouillement d'une source, puis au bruit d'une rivière, puis au grondement de la mer. Et il y a, dans ce grondement, mille rumeurs différentes. Ce sont tantôt des rires étouffés, tantôt des sifflements furieux, tantôt des chuchotements à voix basse, tantôt des froissements de pas sur l'herbe desséchée.

Lao commence à souffler moins fort; son oeil inquiet se promène à droite et à gauche sur la lande. On dirait que des touffes de bruyères se sont animées; toutes semblent s'agiter et marcher dans l'ombre; toutes prennent une forme de nains hideux et les voix deviennent plus distinctes...

Tout à coup, la lune se lève, et Lao pousse un cri.
A gauche, à droite, derrière, devant, partout, aussi loin que son oeil peut voir, la lande est couverte de korrigans qui accourent. Lao, éperdu, recule jusqu'au menhir et s'y appuie; mais les korrigans l'ont aperçu et l'entourent en criant de leurs voix de cigale :

 

-"C'est le beau sonneur de Cornouaille qui est venu pour faire danser les korrigans."

 

Lao fait le signe de la croix, mais tous les petits hommes l'entourent en criant :

 

-"Tu nous appartiens, Lao; tu n'es pas en état de grâce; sonne donc, beau sonneur, et mène la danse des korrigans."

 

Lao résiste en vain : dominé par une puissance magique, il sent le biniou s'approcher de ses lèvres, il joue, il danse malgré lui; les korrigans l'entourent de leurs rondes, et, à chaque fois qu'il veut s'arrêter, tous reprennent en choeur :

 

-"Sonne, beau sonneur, sonne, et mène la danse des korrigans."

 

Lao continua ainsi toute la nuit; mais à mesure que les étoiles devenaient plus pâles dans le ciel, les sons du biniou devenaient plus faibles, ses pieds se détachaient plus difficilement de la terre; enfin, l'aube du jour blanchit, les chants des coqs se firent entendre dans les fermes, et les korrigans disparurent.

 

Alors, le sonneur des montagnes se laissa tomber sans haleine au pied du menhir. Le biniou se détacha de ses lèvres crispées, ses bras retombèrent sur ses genoux, sa tête s'abaissa sur sa poitrine, pour ne plus se relever, et des voix répétèrent dans l'air :

 

-"Dors, beau sonneur, tu as mené la danse des korrigans, tu ne mèneras plus la danse des chrétiens."


 

Livre "Trompette des fées" de Gérard Lomenec'h

 

 

 

 

gif sonneur

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 07:00

 

 

 

 

Un autre de mes dés en porcelaine

 

 

P2030030

 

 

 

 

En Bretagne, la veillée a toujours été un temps de repos. La journée de labeur était dure et longue. Le soir, les muscles se reposaient. On se groupait autour du foyer, en famille, ou à plusieurs maisonnées.

 

En Basse-Bretagne, on rencontrait deux sortes de conteurs : les diskreveller, qui d'une année sur l'autre, débitaient leurs histoires sur un ton uniforme et sans jamais en changer pratiquement un mot, et les marvailher (il y a du merveilleux dans ce mot-là) qui, partant d'un thème, se laissaient aller au gré de leur inspiration.

 

Le temps du conte, la grand-mère apprenait aux enfants à tisser des joncs pour en faire des poupées ou des chaises.

 

 

carte conteur breton

                                   carte le conteur  éditions Jos Le Doaré

 

 

Et le conteur y allait de son histoire, comme par exemple celle de Léocadie Le Flem.

 

Ce jour-là, la Léocadie faisait des crêpes quand le chat noir passa si près d'elle qu'elle en laissa tomber le pot de pâte à crêpes, qui, avant de lui noyer le pied dans le sabot, tacha tout le devant de son tablier des dimanches. Alors, elle jura et jura tout ce qu'elle savait.

 

-"Pourquoi jures-tu comme une païenne ?" lui demanda le chien.

 

-"C'est le chat qui m'a fait renverser ma pâte à crêpes..."

-"Si tu jures, moi j'aboie !"

 

-"Allons bon," grogna le feu, "en voilà des manières d'aboyer !"

 

-"Le chat a renversé la pâte à crêpes et la patronne a juré !"

 

-"Si c'est comme ça, moi je ronfle très fort !"

 

-"Oh la la ! Tu vas faire brûler toute la maison !" s'inquiéta la table.

 

-"Le chat a renversé le pot de pâte à crêpes, la patronne a juré, le chien a aboyé...et moi, je ronfle..."

 

-"Puisque c'est comme ça, moi je me gratte les pieds..."

 

Ce fut au tour du banc de s'étonner :

 

-"Qu'as-tu donc à te gratter les pieds ?"

 

-"Ce que j'ai ? Le chat a renversé le pot de pâte à crêpes, la patronne a juré, le chien a aboyé, le feu a ronflé, alors moi, je me gratte les pieds."

 

-"Moi, je vais boiter !"

 

De toute sa hauteur, l'horloge s'étonna :

 

-"Toi, le banc, pourquoi tu boites à présent ?"

 

-"Tu n'es pas au courant ? Le chat a renversé le pot de pâte à crêpes, la patronne a juré, le chien a aboyé, le feu a ronflé, la table s'est grattée les pieds, et moi je boite."

 

-"Très bien...Il ne reste plus qu'à passer le temps très vite..."

-"En voilà une idée !" s'indigna la casserole.

 

-"Attends, je t'explique...Tu vas comprendre..."

 

Et l'horloge de passer en revue tout ce qui venait de survenir.

 

-"Alors moi," décida la casserole, "je fais bouillir l'eau !"

 

-"Qu'est-ce qui se passe ici à c't'heure ? Voilà que tu te mets à faire bouillir l'eau ?" soupira la fille de la maison.

 

Et la casserole de se lancer à son tour dans l'énumération des faits.

-"Que veux-tu ! Le chat a renversé le pot de pâte à crêpes, la patronne a juré, le chien..."

 

-"Et toi tu fais bouillir le peu d'eau qui restait dans la bassine ! Moi il ne me reste plus qu'à aller en tirer au puits !"

 

Et moi, le conteur, qui passait par là, j'ai fait un grand sourire à la fille de la maison et lui ai demandé :

 

-"Où vas-tu donc avec ton seau ?"

 

-"Je vais tirer de l'eau au puits, tiens donc !"

 

-"A cette heure-ci ?"

 

-"Il n'y pas d'heure...Le chat a renversé le pot de pâte à crêpes, la patronne a juré, le chien a aboyé, le feu a ronflé, la table s'est grattée les pieds, le banc a boité, l'horloge a passé le temps plus vite, la casserole a fait bouillir l'eau sans rien demander à personne. Alors moi, je vais au puits en quérir de la fraîche...Et toi ?"

 

-"Moi ? Je vais écrire un conte avec tout ça !"


 

Livre "les contes de la veillée" de Jean Coué

 


GIF crepe 5

                                                      Carte la crépière  

 


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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 07:00

 

 

 

 

 

        Un dé en grès de ma collection sur Quimper, ma ville natale

P7040112

 

 

 

                                   Quimper

 

 

O mes écrits nouveaux ! Je veux qu'ils outrepassent

Le ciel ! Le poète fidèle à son rêve impossible !

Attelé dans les bras solide de la Muse

Il écrit sur l'azur envers du Paradis.


Gentil Quimper, le nid de mon enfance

De lierre, ormeaux, roches tout tapissé,

Vois ce, d'un tendre effort, qu'à ta force

J'offre ! Un miroir de hêtres et de houx,

Hêtres et houx cachant nos jeux de courses

Par intervalle dans l'étroite vallée !


Ayant confié le cartable à la mousse

Avec les compagnons j'ai folâtré.

Mère ou servante, le dos à la feuillée

Brodait, cousait ou ravaudait les bas

Sans craindre trop la pente ravinée

Car les quiconces protégeaient nos faux pas.

Du haut en bas ce n'était que feuillage

Piécettes d'ombre et pièces de soleil

Sur une haie c'est du linge qui flotte

Troupeau gardé par la vieille au bâton

Nous, lévriers de la terre moussue

Nous poursuivions dans le couloir de hêtres

Blancs, hérissés parfois d'éventails de rameaux


En bas, l'Odet aux ponts de fer multiples

Se gargarise interminablement

Sur le disque éclatant de l'Odet élargi

J'aimais apercevoir entre les doigts des arbres

Les joues du grand voilier dorées par le soleil

Tandis que sous nos pieds s'élançant des broussailles

Les trois-mâts fins et lourds faisaient songer à Dieu.


J'écris nos deux clochers en lettres majuscules

Fleuries, enrubannées, pleines de cris d'oiseaux

L'escalier de la tour au milieu des coquilles

Des blancs, des nuits, des coins et des coups d'air soudains

C'était comme paraphe ! Avec des Parisiens

Nous avons effrayé vos poutres, grandes orgues !

Jésus habite en bas. C'est une tiare.

Le haut, le phare que les archanges

Tiennent depuis des siècles et des siècles à deux mains

On tolère la canne et le pied des humains


Or le vallon serait un clocher à l'envers

Sans les gros marronniers et vingt-cinq ponts de fer.


 

Max Jacob (poète et romancier quimpérois 1876-1944)


 

 

carte quimper

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 07:00

 

 

 

 

un autre de mes dés bretons

 

P7180010

 

 

 

                             Le passeur muet

 

A cette époque-là, il n'y avait pas encore de pont entre les ports de Guipry et de Messac. Un passeur transportait d'une rive à l'autre de la Vilaine, à l'aide de sa barque, les gens qui en faisaient la demande.


C'était un homme vêtu de guenilles, vivant chichement des légumes de son jardin et des poissons qu'il pêchait dans la rivière. Il habitait une cabane de bois installée sur la berge de Guipry. S'il ne s'y trouvait pas, il était tout à côté, dans sa barque, surveillant sa ligne et attendant les rares passagers qu'il devait emmener sur l'autre rive pour le prix de quelque menue monnaie. Il ne s'absentait que le dimanche, entre dix heures et midi. Il se rendait alors à l'église pour assister à la messe.

 

Un dimanche, un 10 août précisément, la cérémonie religieuse revêtait cette année-là un éclat particulier. Un abbé de Redon (Saint Conwoïon, dit-on) officiait à l'église de Messac. L'affluence des fidèles était grande et notre passeur, homme dévot, n'avait pu trouver la place qu'il aurait aimé occuper aux premiers rangs de l'assemblée. Il dut se contenter de rester debout au fond de l'église.

 

L'office durait déjà depuis près d'une heure, lorsque des bruits de voix se firent entendre à la porte de l'église :

 

-"Le passeur ! Le passeur !"

 

Mais notre passeur ne bougea point. Les cris redoublèrent. Des paroles désobligeantes furent même lancées à l'intention de l'officiant et des fidèles assistant à la cérémonie, si bien que le passeur se décida à sortir de l'église.


Sous le porche, il se trouva nez à nez avec une bande de joyeux compères, auteurs de tout ce tintamarre. Il s'agissait d'un groupe de jeunes gens des environs, qui avaient festoyé la nuit précédente, et voulaient traverser la Vilaine pour se rendre à Guipry. Le passeur partit avec eux.

 

Pendant ce temps, à l'église de Messac, la cérémonie prenait fin. Le saint abbé de Redon, désireux de regagner son monastère au plus vite, se dirigea avec sa suite de moines vers la rivière où se trouvaient habituellement le passeur et sa barque.

Hélas ! Aucune trace du passeur, ni de sa barque. Les rives semblaient désertes. On eut beau héler le pauvre homme, aucune réponse ne se fit entendre.


Soudain, le regard de l'abbé fut attiré par un remous près de la berge. Un grand tourbillon d'eau où apparaissaient par moments des vêtements d'hommes et les guenilles du passeur... Pas de doute, les jeunes gens en goguette avaient fait chavirer la barque.

Tous ses passagers s'étaient noyés.

 

Après bien des difficultés, un moine de la suite de Saint Conwoïon réussit à accrocher une jambe du passeur et à tirer l'infortuné sur la berge. Il était malheureusement trop tard, l'homme était mort. Son corps gonflé d'eau ne laissait aucun doute à ce sujet.

 

Cependant, le saint abbé estima qu'il ne méritait pas de payer l'erreur des jeunes gens. Alors, il le ressuscita. Mais pour qu'il ne puisse pas raconter à ses semblables ce qu'il avait vu durant son court passage dans l'au-delà, il lui supprima l'usage de la parole.

 

Le passeur continua jusqu'à la fin de ses jours à assurer le transbordement des passagers d'une rive à l'autre de la Vilaine. Mais au grand étonnement des gens qui le connaissaient et lui parlaient, il ne répondait jamais. Il était devenu muet.

 

En souvenir de cet homme, les passeurs qui prirent sa succession ne travaillaient jamais le dimanche entre dix heures et midi, et surtout le 10 août, jour anniversaire de la mort du passeur ressuscité par Saint Conwoïon.

 

 

Conte populaire de Bretagne

 

 

gif breton 5

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 07:00

 

 

 

 

 

 

P7040119

 

 

 

                               Le curé et le tailleur

 

Un tailleur aimait passionnément sa jeune femme. Un dimanche d'été, au cours d'une promenade en mer, une grosse vague frappa le flanc de leur barque et la retourna. La femme tomba à l'eau et coula. Le mari, qui était pourtant un excellent nageur, ne parvint pas à la sauver.


Le tailleur voulut lui offrir le plus bel enterrement. La cérémonie eut lieu quelques jours plus tard dans la petite église romane où le couple s'était marié. Tous les membres de la famille, qu'ils fussent proches ou éloignés, étaient présents. De nombreux amis avaient pris place à leurs côtés, pour rendre un dernier hommage à la jeune femme qui avait toujours été très appréciée de tout le monde.

Le cercueil en acajou était couvert de nombreuses couronnes de fleurs. Il y eut de l'encens et l'on joua de l'orgue. Le curé officia pendant une longue heure et le veuf fut satisfait de la cérémonie.

 

Il le fut beaucoup moins quand il eut en main la note à payer. A lui seul, le prêtre allait empocher quarante écus. Le tailleur trouva la somme excessive, mais il paya sans faire la moindre remarque.

 

Quelques semaines plus tard, le curé eut besoin d'un nouvel habit. Il fit appel au tailleur.

 

-"J'aimerais que vous me fassiez une soutane, digne d'un évêque, avec la belle étoffe que j'ai ramenée de Rome l'année dernière," lui dit-il.

 

-"Elle sera digne d'un pape, monsieur le curé."

 

-"Ne voyons pas trop haut, mon fils, ce serait pêcher par orgueil."

 

Le tailleur s'installa dans le presbytère. Il coupa, bâtit, faufila, essaya, ajusta, cousit, surfila et doubla, maniant avec dextérité l'aiguille, le dé, le fil et les ciseaux durant près de trois jours.

Tout en travaillant, il ne cessa de chanter les psaumes de Complies, de Matines, des Landes et des Vêpres qu'il avait appris quand il était au petit séminaire. Comme il avait la voix aigrelette, le prêtre aurait bien aimé le faire taire. Mais plus il lui demandait de cesser, plus le tailleur chantait.

 

Dès que la soutane fut terminée, le curé satisfait demanda ce qu'il devait.

 

-"Quarante écus," répondit le tailleur sans sourciller.

 

Le prêtre ne s'attendait pas à ce qu'il lui réclamât une telle somme. Il pensait qu'il aurait à payer au plus cinq ou dix écus.

 

-"Quarante écus ! s'écria-t-il. Mais vous êtes fou, mon fils !"

 

-"Et vous, alors ? Vous m'avez pris la même somme pour chanter à peine une heure auprès de ma défunte femme. Moi, j'ai fait beaucoup mieux, j'ai chanté pendant près de trois jours et en plus, je vous ai confectionné une soutane digne d'un pape. Cela vaut bien quarante écus !"

 

 

Contes des Sages de Bretagne par Jean Muzi.

 

 

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