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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 07:00

 

 

 

 

 

Une poupée de ma collection, trouvée dans une vente Emmaüs, (voir ICI) et qui mesure  46 cm

 

 

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                      J'aime bien son petit chapeau en dentelle

 

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                         Jamais


 

Jamais, avez-vous dit, tandis qu'autour de nous

Résonnait de Schubert la plaintive musique;

Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,

Brillait de vos grands yeux l'azur mélancolique.

Jamais, répétiez-vous, pâle et d'un air si doux

Qu'on eût cru voir sourire une médaille antique.
Mais des trésors secrets l'instinct fier et pudique

Vous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux .

 

Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage !

Hélas ! Je ne voyais ni ce charmant visage,

Ni ce divin sourire, en vous parlant d'aimer.

 

Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n'est belle.
Même en les regardant, je ne regrettais qu'elle,

Et de voir dans sa fleur un tel coeur se fermer.

 

 

Alfred de Musset (1810-1857)

 

 

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 16:00

 

 

 

 

 

Cet été, le centre Emmaüs pas loin de chez moi organisait sa grande vente annuelle, et de nombreuses personnes sont venues trouver leur bonheur. J'y ai trouvé pour mes collections deux poupées, deux miniatures de parfum, un dé coquelicot et un livre sur le point de croix.

 

 

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Je vous montre aujourd'hui une de ces poupées, qui mesure 32 cm de haut. 

 

 

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Je vous avais parlé, dans mon précédent article de poupée, des malheurs de Sophie, et surtout des malheurs de sa poupée ! (ICI) En voici la suite :


 

 

                         L'enterrement de la poupée

 

 

Camille et Madeleine arrivèrent un matin pour l'enterrement de la poupée : elles étaient enchantées; Sophie et Paul n'étaient pas moins heureux.

 

Sophie - "Venez vite, mes amis, nous vous attendons pour faire le cercueil de la poupée."

 

Camille - "Mais dans quoi la mettrons-nous ?"

 

Sophie - "J'ai une vieille boîte à joujoux; ma bonne l'a recouverte de percale rose; c'est très joli; venez voir."

 

Les petites coururent chez Mme de Réan, où la bonne finissait l'oreiller et le matelas qu'on devait mettre dans la boîte; les enfants admirèrent ce charmant cercueil; elles y mirent la poupée, et, pour qu'on ne vit pas la tête brisée, les pieds fondus et le bras cassé, elles la recouvrirent avec un petit couvre-pieds de taffetas rose. On plaça la boîte sur un brancard que leur maman leur avait fait faire. Elles voulaient toutes le porter; c'était pourtant impossible, puisqu'il n'y avait place que pour deux.

 

Après qu'ils se furent un peu poussés, disputés, on décida que Sophie et Paul, les deux plus petits, porteraient le brancard, et que Camille et Madeleine marcheraient, l'une derrière, l'autre devant, portant un panier de fleurs et de feuilles qu'on devait jeter sur la tombe.

 

Quand la procession arriva au petit jardin de Sophie, on posa par terre le brancard avec la boîte qui contenait les restes de la malheureuse poupée. Les enfants se mirent à creuser la fosse; ils y descendirent la boîte, jetèrent dessus des fleurs et des feuilles, puis la terre qu'ils avaient retirée; ils ratissèrent promptement tout autour et y plantèrent deux lilas.

 

Pour terminer la fête, ils coururent au bassin du potager et y remplirent leurs petits arrosoirs pour arroser les lilas; ce fut l'occasion de nouveaux jeux et de nouveaux rires, parce qu'on s'arrosait les jambes, qu'on se poursuivait et se sauvait en riant et en criant.

 

On n'avait jamais vu un enterrement plus gai. Il est vrai que la morte était une vieille poupée, sans couleur, sans cheveux, sans jambes et sans tête, et que personne ne l'aimait ni ne la regrettait. La journée se termina gaiement.

 

Et, lorsque Camille et Madeleine s'en allèrent, elles demandèrent à Paul et à Sophie de casser une autre poupée pour pouvoir recommencer un enterrement aussi amusant.

 

 

 

La comtesse de Ségur (Les malheurs de Sophie)

 

 

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 06:00

 

 

 

 

J'ai enfin pris le temps de faire des photos de toutes mes poupées !

Je tâcherai de faire pareil avec mes fées !

 

 

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Sur une autre table

 

poupées 2

 

 

D'autres, plus grandes sont à côté de la table

 

poupées 3

 

 

Il en reste encore deux ou trois autres disséminées sur une table de nuit ou une fenêtre, comme celle que je vous montre aujourd'hui

 

 

 

poupée sophie

 

 

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                        Les malheurs de Sophie

 

 

 

Un jour, Sophie pensa qu'il était bon de laver les poupées, puisqu'on lavait les enfants; elle prit de l'eau, une éponge, du savon, et se mit à débarbouiller sa poupée; elle la débarbouilla si bien, qu'elle lui enleva toutes ses couleurs : les joues et les lèvres devinrent pâles comme si elle était malade, et restèrent toujours sans couleur.

Sophie pleura, mais la poupée resta pâle.

 

Un autre jour, Sophie pensa qu'il fallait lui friser les cheveux; elle lui mit donc des papillottes : elle les passa au fer chaud, pour que les cheveux fussent mieux frisés. Quand elle lui ôta ses papillottes, les cheveux restèrent dedans; le fer était trop chaud, Sophie avait brûlé les cheveux de sa poupée, qui était chauve.

Sophie pleura, mais la poupée resta chauve.

 

Un autre jour encore, Sophie, qui s'occupait beaucoup de l'éducation de sa poupée, voulut lui apprendre à faire des tours de force. Elle la suspendit par les bras à une ficelle; la poupée, qui ne tenait pas bien, tomba et se cassa un bras. La maman essaya de la raccommoder; mais comme il manquait des morceaux, il fallut chauffer beaucoup la cire, et le bras resta plus court que l'autre.

Sophie pleura, mais le bras resta plus court.

 

Une autre fois, Sophie songea qu'un bain de pieds serait très utile à sa poupée, puisque les grandes personnes en prenaient. Elle versa de l'eau bouillante dans un petit seau, y plongea les pieds de la poupée, et quand elle la retira, les pieds s'étaient fondus, et étaient dans le seau.

Sophie pleura, mais la poupée resta sans jambes.

 

Depuis tous ces malheurs, Sophie n'aimait plus sa poupée, qui était devenue affreuse, et dont ses amies se moquaient; enfin, un dernier jour, Sophie voulut lui apprendre à grimper aux arbres; elle la fit monter sur une branche, la fit asseoir; mais la poupée, qui ne tenait pas bien, tomba : sa tête frappa contre des pierres et se cassa en cent morceaux.

 

Sophie ne pleura pas, mais elle invita ses amies à venir enterrer la poupée...

 

 

La comtesse de Ségur (1799-1874)  (voir ICI)

 

 

Vous pourrez suivre l'enterrement de la poupée dans un prochain article avec une autre poupée !

Et si vous voulez lire une autre histoire de Sophie et sa poupée, c'est ICI

 

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 06:00

 

 

 

 

 

Voilà un moment que je ne vous avais pas montré de poupées. Il m'en reste encore deux ou trois à publier. Celle-ci est une petite de ma collection, de 28cm de haut.

 

 

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            A deux beaux yeux


 

Vous avez un regard singulier et charmant;

Comme la lune au fond du lac qui la reflète,

Votre prunelle, où brille une humide paillette,

Au coin de vos doux yeux roule languissamment;

 

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant;

Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite,

Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,

Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement.

 

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,

Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,

Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

 

Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,

Comme une fleur céleste au calice idéal

Que l'on apercevrait à travers un cristal.

 

 

Théophile Gautier (1811-1872)

 


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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 06:00

 

 

 

 

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                                                  Hauteur 40cm

 

 

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Une allée du Luxembourg

 

Elle a passé, la jeune fille

Vive et preste comme un oiseau

A la main une fleur qui brille,

A la bouche un refrain nouveau.

 

C'est peut-être la seule au monde

Dont le coeur au mien répondrait,

Qui venant dans ma nuit profonde

D'un seul regard l'éclaircirait !

 

Mais non, -ma jeunesse est finie...

Adieu, doux rayon qui m'a lui,-

Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, il a fui !


 

Gérard de Nerval (poète français 1808-1855)

 

 

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 06:00

 

 

 

 

 

Je viens de trouver cette poupée il y a peu à Emmaüs. Elle est petite, 29 cm de haut, et toute simple, mais bien mignonne, je trouve, avec ses petits rubans assortis à la robe, et son pendentif en forme de coeur. Je ne pouvais pas la laisser après moi ! D'autant qu'elle ne coutait que 3€ !

 

 

 

 

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       Berceuse de la poupée

 

Petite poupée en bonnet de dentelle

Sur vos cheveux fins de filasse blonde,

Dormez : l'horloge sonne et tout le monde

A mouché les chandelles.

 

Pierrot se couche et la lune se lève;

Au faîte des toits tous les chats sont gris;

Dormez et faites un beau rêve :

Tous les chats sont gris comme les souris.

 

Avec votre robe trop courte et fripée

Et vos bas qui tombent jusqu'aux talons,

Dormez et rêvez, petite poupée,

De quelque beau soldat de plomb.

 

En votre berceau de soie et de satin

Grand comme un sabot de frêne,

Etendez vos frêles jambes de bois peint

Et dormez bien, petite reine.

 

Votre enfantine et mignonne maman

Dort aussi sous le dais de son lit,

Et rêve d'un page charmant

Qui joue à la balle au jardin joli.

 

Petite poupée au nez rose et cassé,

Petite poupée au bonnet de travers,

A quoi bon laisser

Vos yeux bleus ouverts,

 

Puisque personne ne viendra vous embrasser,

Que les soldats de plomb ne font jamais de ronde

Et que le marchand de sommeil est passé

Pour tout le monde ?

 

 

Tristan Klingsor (poète, peintre et musicien français 1874-1966)


 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 06:00

 

 

 

 

 

Une de mes poupées. Elle mesure 42 cm de hauteur

 

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Je vous avais déjà raconté une histoire de poupée avec Cosette, tirée des "Misérables" de Victor Hugo.  (ICI) Cosette était en admiration devant une magnifique poupée dans une vitrine à côté de chez les Thénardier.

 

 

En voici un des épisodes suivants

 

 

....Tout à coup, Cosette s'interrompit. Elle venait de se retourner et d'apercevoir la poupée des petites Thénardier qu'elles avaient quittée pour le chat et laissée à terre à quelques pas de la table de la cuisine.

Alors elle laissa le sabre emmailloté qui ne lui suffisait qu'à demi, puis elle promena lentement ses yeux autour de la salle.

 

La Thénardier parlait bas à son mari, et comptait de la monnaie, Eponine et Azelma jouaient avec le chat, les voyageurs mangeaient ou buvaient, ou chantaient, aucun regard n'était fixé sur elle. Elle n'avait pas un moment à perdre. Elle sortit de dessous la table en rampant sur ses genoux et ses mains, s'assura encore une fois qu'on ne la guettait pas, puis se glissa vivement jusqu'à la poupée et la saisit. Un instant après, elle était à sa place, assise, immobile, tournée seulement de manière à faire de l'ombre sur la poupée qu'elle tenait dans ses bras. Ce bonheur de jouer avec une poupée était tellement rare pour elle qu'il avait toute la violence d'une volupté.

 

Personne ne l'avait vue, excepté le voyageur qui mangeait lentement son maigre souper. Cette joie dura près d'un quart d'heure.

 

Mais, quelque précaution que prit Cosette, elle ne s'apercevait pas qu'un des pieds de la poupée passait, et que le feu de la cheminée l'éclairait très vivement. Ce pied rose et lumineux qui sortait de l'ombre frappa subitement le regard d'Azelma qui dit à Eponine :

 

-"Tiens ! Ma soeur !"

 

Les deux petites filles s'arrêtèrent, stupéfaites. Cosette avait osé prendre la poupée !

 

Eponine se leva, et sans lâcher le chat, alla vers sa mère et se mit à la tirer par sa jupe.

 

-"Mais laisse-moi donc !" dit la mère. "Qu'est-ce que tu me veux ?"

 

-"Mère," dit l'enfant, "regarde donc !"

 

Et elle désignait du doigt Cosette.

 

Cosette, elle, tout entière aux extases de la possession, ne voyait et n'entendait plus rien.


Le visage de La Thénardier prit cette expression particulière qui se compose du terrible mêlé aux riens de la vie et qui a fait nommer ces sortes de femmes : mégères.

 

Cette fois, l'orgueil blessé exaspérait encore sa colère. Cosette avait franchi tous les intervalles, Cosette avait atteint à la poupée de "ces demoiselles".

Une tsarine qui verrait un moujik essayer le grand cordon bleu de son impérial fils n'aurait pas eu une autre figure. Elle cria d'une voix que l'indignation enrouait.

 

-"Cosette !"

 

Cosette tressaillit comme si la terre eût tremblé sous elle. Elle se retourna.

 

-"Cosette !" répéta la Thénardier.

 

Cosette prit la poupée et la posa doucement à terre avec une sorte de vénération mêlée de désespoir. Alors, sans la quitter des yeux, elle joignit les mains, et, ce qui est effrayant à dire pour un enfant de cet âge, elle se les tordit; puis, ce que n'avait pu lui arracher aucune des émotions de la journée, ni la course dans les bois, ni la pesanteur du seau d'eau, ni la perte de l'argent, ni la vue du martinet, ni même la sombre parole qu'elle avait entendu dire à la Thénardier, elle pleura. Elle éclata en sanglots.

Cependant, le voyageur s'était levé.

 

-"Qu'est-ce donc ?" dit-il à la Thénardier.

 

-"Vous ne voyez pas ?" dit la Thénardier en montrant du doigt le corps du délit qui gisait aux pieds de Cosette.

 

-"Hé bien, quoi ?" reprit l'homme.

 

-"Cette gueuse," répondit la Thénardier, "s'est permis de toucher à la poupée des enfants !"

 

-"Tout ce bruit pour cela !" dit l'homme. "Et bien, quand elle jouerait avec cette poupée ?"

 

-"Elle y a touché avec ses mains sales !" poursuivit la Thénardier, "avec ses affreuses mains !"

 

Ici Cosette redoubla de sanglots.

 

-"Te tairas-tu ?" cria la Thénardier.

 

L'homme alla droit à la porte de la rue, l'ouvrit et sortit.

 

Dès qu'il fut sorti, la Thénardier profita de son absence pour allonger sous la table à Cosette un grand coup de pied qui fit jeter à l'enfant des hauts cris.

 

La porte se rouvrit, l'homme reparut. Il portait dans ses deux mains la poupée fabuleuse dont nous avons parlé, et que tous les marmots du village contemplaient depuis le matin, et il la posa debout devant Cosette en disant:

 

-"Tiens, c'est pour toi."

 

Il faut croire que depuis plus d'une heure qu'il était là, au milieu de sa rêverie, il avait confusément remarqué cette boutique de bimbeloterie éclairée de lampions et de chandelles si splendidement qu'on l'apercevait à travers la vitre du cabaret comme une illumination.


Costte leva les yeux, elle avait vu venir l'homme à elle avec cette poupée comme elle eût vu venir le soleil, elle entendit ces paroles inouïes : c'est pour toi, elle le regarda, elle regarda la poupée, puis elle recula lentement, et s'alla cacher tout au fond sous la table dans le coin du mur. Elle ne pleurait plus, elle ne criait plus, elle avait l'air de ne plus oser respirer.

 

La Thénardier, Eponine, Azelma étaient autant de statues. Les buveurs eux-mêmes s'étaient arrêtés. Il s'était fait un silence solennel dans tout le cabaret.
La Thénardier, pétrifiée et muette, recommençait ses conjectures :

 

-"Qu'est-ce que c'est que ce vieux ? Est-ce un pauvre ? Est-ce un millionnaire ? C'est peut-être les deux, c'est-à-dire un voleur."

 

La face du mari Thénardier offrit cette ride expressive qui accentue la figure humaine chaque fois que l'instinct dominant y apparait avec toute sa puissance bestiale. Le gargotier considérait tour à tour la poupée et le voyageur. Il semblait flairer cet homme comme il eût flairé un sac d'argent. Cela ne dura que le temps d'un éclair. Il s'approcha de sa femme et lui dit tout bas :

 

-"Cette machine coûte au moins trente francs. Pas de bêtises. A plat ventre devant l'homme."

 

Les natures grossières ont cela de commun avec les natures naïves qu'elles n'ont pas de transitions.

 

-"Et bien, Cosette," dit la Thénardier d'une voix qui voulait être douce et qui était toute composée de ce miel aigre des méchantes femmes, "est-ce que tu ne prends pas ta poupée ?"

 

Cosette se hasarda à sortir de son trou.

 

-"Ma petite Cosette," reprit la Thénardier d'un air caressant, "monsieur te donne une poupée. Prends-la. Elle est à toi."

 

Cosette considérait la poupée merveilleuse avec une sorte de terreur. Son visage était encore inondé de larmes, mais ses yeux commençaient à s'emplir, comme le ciel au crépuscule du matin, des rayonnements étranges de la joie. Ce qu'elle éprouvait en ce moment-là était un peu pareil à ce qu'elle eût ressenti si on lui eût dit brusquement : petite, vous êtes la reine de France.

Il lui semblait que si elle touchait à cette poupée, le tonnerre en sortirait. Ce qui était vrai jusqu'à un certain point, car elle se disait que la Thénardier gronderait, et la battrait. Pourtant l'attraction l'emporta. Elle finit par s'approcher, et murmura timidement en se tournant vers la Thénardier :

 

-"Est-ce que je peux, madame ?"

 

Aucune expression ne saurait rendre cet air à la fois désespéré, épouvanté et ravi.

 

"Pardi !" fit la Thénardier, "c'est à toi, puisque monsieur te la donne."

 

-"Vrai, monsieur ?" reprit Cosette, "est-ce que c'est vrai ? C'est à moi, la dame ?"

 

L'étranger paraissait avoir les yeux pleins de larmes. Il semblait être à ce point d'émotion où l'on ne parle pas pour ne pas pleurer. Il fit un signe de tête à Cosette, et mit la main de "la dame" dans sa petite main.

Costte retira vivement sa main, comme si celle de la dame la brûlait, et se mit à regarder le pavé.

 

Tout à coup, elle se retourna et saisit la poupée avec emportement.

 

-"Je l'appellerai Catherine," dit-elle...

 

 

Extrait des Misérables de Victor Hugo

 

 

 

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                   La poupée de Cosette de Léon Comerre (peintre français 1850-1916)

 


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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 06:00

 

 

Schubert

 

 

Deux poupées de ma collection, qui se ressemblent beaucoup. On dirait des jumelles.

 

 

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                                           elles mesurent 40 cm de hauteur

 

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              Les deux soeurs

 

 

De ces deux jeunes soeurs je possède l'aînée,

Sa beauté claire brune a tout ce que je veux,

Mais comme son amour m'engage dans ses noeuds,

Mon amour la ravit et la tient enchaînée.

 

Sa cadette pourtant me semble si bien née,

Sa bonté naturelle est si douce à mes voeux,

Ses yeux ont tant de traits, ses traits ont tant de feux,

Que mon âme se plait d'en être illuminée.

 

Dans ce choix incertain de l'état où je suis,

Me dois-je déclarer ? Je n'ose, je ne puis,

L'amour et le respect étouffent mon langage.

 

Hasardons toutefois, mais un mot seulement;

La cadette est constante, et l'aînée est volage,

Et je suis la constance et fuis le changement.

 

 

Guillaume Colletet (poète français 1598-1659)

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 07:00

 

 

 

 

 

Une petite poupée de ma collection. Elle mesure 26 cm de haut

 

 

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Jeune fille, l'amour, c'est d'abord un miroir

 

 

Jeune fille, l'amour, c'est d'abord un miroir

Où la femme coquette et belle aime à se voir,

Et, gaie ou rêveuse, se penche;

Puis, comme la vertu, quand il a votre coeur,

Il en chasse le mal et le vice moqueur,

Et vous fait l'âme pure et blanche;

 

Puis on descend un peu, le pied vous glisse...Alors

C'est un abîme ! En vain la main s'attache aux bords,

On s'en va dans l'eau qui tournoie !

L'amour est charmant, pur, et mortel. N'y crois pas !

Tel l'enfant, par un fleuve attiré pas à pas,

S'y mire, s'y lave et s'y noie.


 

Victor Hugo (1802-1885)

 

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 07:00

 

 

 

 

Une poupée qui appartenait à ma mère et qui a la particularité d'être une lampe décorative.

 

 

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hauteur  39cm

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                           La poupée de cire

 


"Ma bonne, ma bonne, dit un jour Sophie en accourant dans sa chambre, venez vite ouvrir une caisse que papa m'a envoyée de Paris, je crois que c'est une poupée de cire, car il m'en a promis une."

 

LA BONNE - "Où est la caisse ?"

 

SOPHIE - "Dans l'antichambre : venez vite, ma bonne, je vous en supplie."

 

La bonne posa son ouvrage et suivit Sophie à l'antichambre. Une caisse de bois blanc était posée sur une chaise, la bonne l'ouvrit. Sophie aperçut la tête blonde et frisée d'une jolie poupée de cire; elle poussa un cri de joie et voulut saisir la poupée, qui était encore couverte d'un papier d'emballage.

 

 

 

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LA BONNE- "Prenez garde ! Ne tirez pas encore; vous allez tout casser. La poupée tient par des cordons."

 

SOPHIE - "Cassez-les, arrachez-les; vite, ma bonne, que j'ai ma poupée."

 

La bonne, au lieu de tirer et d'arracher, prit ses ciseaux, coupa les cordons, enleva les papiers, et Sophie put prendre la plus jolie poupée qu'elle eût jamais vue. Les joues étaient roses avec de petites fossettes; les yeux bleus et brillants; le cou, la poitrine, les bras en cire, charmants et potelés. La toilette était très simple : une robe de percale festonnée, une ceinture bleue, des bas de coton et des brodequins noirs en peau vernie.


 

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Sophie l'embrassa plus de vingt fois, et, la tenant dans ses bras, elle se mit à sauter et à danser. Son cousin Paul, qui avait cinq ans, et qui était en visite chez Sophie, accourut aux cris de joie qu'elle poussait.

 

-"Paul, regarde quelle jolie poupée m'a envoyée papa !" s'écria sophie.

 

PAUL - "Donne-la moi, que je la voie mieux."

 

SOPHIE - "Non, tu la casserais."

 

PAUL - "Je t'assure que j'y prendrai bien garde, je te la rendrai tout de suite"

 

Sophie donna la poupée à son cousin, en lui recommandant encore de bien prendre garde de la faire tomber. Paul la retourna, la regarda de tous les côtés, puis la remit à Sophie en secouant la tête.

 

SOPHIE - "Pourquoi secoues-tu la tête ?"

 

PAUL - "Parce que cette poupée n'est pas solide; je crains que tu ne la casses."

 

SOPHIE - "Oh ! Sois tranquille, je vais la soigner tant, tant, que je ne la casserai jamais. Je vais demander à maman d'inviter Camille et Madeleine à déjeuner avec nous, pour leur faire voir ma jolie poupée."

 

PAUL - "Elles te la casseront."

 

SOPHIE - "Non, elles sont trop bonnes pour me faire de la peine en cassant ma pauvre poupée."

 

Le lendemain, Sophie peigna et habilla sa poupée, parce que ses amies devaient venir. En l'habillant, elle la trouva pâle.

 

-"Peut-être, dit-elle, a-t-elle froid, ses pieds sont glacés. Je vais la mettre un peu au soleil pour que mes amies voient que j'en ai bien soin et que je la tiens bien chaudement."

 

Sophie alla porter la poupée au soleil sur la fenêtre du salon.

 

"Que fais-tu à la fenêtre, Sophie ?" lui demanda sa maman.

 

SOPHIE - "Je veux réchauffer ma poupée, maman, elle a très froid."

 

LA MAMAN - "Prends garde, tu vas la faire fondre."

 

SOPHIE - "Oh, non ! maman, il n'y a pas de danger, elle est dure comme du bois."

 

LA MAMAN - "Mais la chaleur la rendra molle; il lui arrivera quelque malheur, je t'en préviens."

 

Sophie ne voulut pas croire sa maman, elle mit la poupée étendue de tout son long au soleil, qui était brûlant.

 

Au même instant, elle entendit le bruit d'une voiture : c'étaient ses amies qui arrivaient. Elles courut au-devant d'elles. Paul les avait attendues sur le perron; elles entrèrent au salon en courant et parlant toutes à la fois. Malgré leur impatience de voir la poupée, elles commencèrent par dire bonjour à Madame de Réan, la maman de Sophie; elles allèrent ensuite à Sophie, qui tenait sa poupée et la regardait d'un air consterné.

 

MADELEINE (regardant la poupée) - "La poupée est aveugle, elle n'a pas d'yeux."

 

CAMILLE - "Quel dommage ! Comme elle est jolie !"

 

MADELEINE - "Mais comment est-elle devenue aveugle ! Elle devait avoir des yeux."

 

Sophie ne disait rien; elle regardait sa poupée et pleurait.

 

MADAME DE REAN - "Je t'avais dit, Sophie, qu'il arriverait un malheur à ta poupée si tu t'obstinais à la mettre au soleil. Heureusement que la figure et les bras n'ont pas eu le temps de fondre. Voyons, ne pleure pas; je suis très habile médecin, je pourrai peut-être lui rendre ses yeux."

 

SOPHIE - "C'est impossible, maman, ils n'y sont plus."

 

Madame de Réan prit la poupée en souriant et la secoua un peu; on entendit comme quelque chose qui roulait dans sa tête.

 

-"Ce sont les yeux qui font le bruit que tu entends, dit Madame de Réan; la cire a fondu autour des yeux, et ils sont tombés. Mais je tâcherai de les ravoir. Déshabillez la poupée, mes enfants, pendant que je préparerai mes instruments."

Aussitôt, Paul et les trois petites filles se précipitèrent sur la poupée pour la déshabiller. Sophie ne pleurait plus; elle attendait avec impatience ce qui allait arriver.


La maman revint, prit ses ciseaux, détacha le corps cousu à la poitrine; les yeux qui étaient dans la tête tombèrent sur ses genoux; elle les prit avec des pinces, les replaça où ils devaient être, et, pour les empêcher de tomber encore, elle coula dans la tête, et sur la place où étaient les yeux, de la cire fondue qu'elle avait apportée dans une petite casserole; elle attendit quelques instants que la cire fût refroidie, et puis elle recousit le corps à la tête.

Les petites n'avaient pas bougé. Sophie regardait avec crainte toutes ces opérations. Elle avait peur que ce ne fût pas bien; mais, quand elle vit sa poupée raccomodée et aussi jolie qu'auparavant, elle sauta au cou de sa maman et l'embrassa dix fois.

 

"Merci, ma chère maman, disait-elle, merci, une autre fois, je vous écouterai, bien sûr."

 

On rhabilla bien vite la poupée, on l'assit sur un petit fauteuil et on l'emmena promener en triomphe en chantant :

 

"Vive maman !

De baisers je la mange.

Vive maman !

Elle est notre bon ange."

 

La poupée vécut très longtemps bien soignée, bien aimée; mais petit à petit, elle perdit ses charmes....

 

 

Comtesse de Ségur (1799-1874) (voir ICI) (Les malheurs de Sophie, chapitre I)

 

 

 

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